Remontée de dividendes vers votre SPFPL : le piège du calendrier

Votre SPFPL porte l’emprunt qui a financé le rachat de vos parts. Votre SEL, elle, produit l’activité et encaisse les honoraires.

Le montage est classique et parfaitement légitime. Il repose pourtant sur une hypothèse que personne ne vérifie une fois la signature passée : que la remontée de dividendes arrive au bon moment et au bon montant.

Une holding qui rembourse sans rien encaisser

Une SPFPL n’a pas d’activité propre. Elle détient des titres et porte une dette.

Sa seule ressource, ce sont les dividendes que lui verse votre SEL. L’argent est donc gagné dans une structure, et remboursé depuis une autre.

Tant que la mécanique tourne, elle est invisible. Le jour où elle se grippe, elle se voit tout de suite, et sur le compte bancaire de la holding.

Le décalage entre le mensuel et l’annuel

Regardez votre calendrier réel.

Vos échéances bancaires tombent chaque mois. Elles sont fixes et ne se négocient pas.

Votre dividende, lui, est annuel. Il dépend d’un résultat connu seulement après la clôture, puis d’une décision d’assemblée générale, puis d’un versement effectif.

Vous remboursez donc douze fois par an une dette alimentée une fois par an. Une année en retrait, un investissement lourd, une période d’arrêt, et le décalage devient un problème de liquidité, pas de rentabilité.

Pourquoi vos comptes ne vous alertent pas

C’est le point le plus trompeur.

Si vos deux structures sont suivies séparément, vous obtenez deux images justes qui ne disent rien de votre situation réelle. Une holding qui paraît déficitaire, puisqu’elle supporte des intérêts sans chiffre d’affaires. Une SEL qui paraît rentable, puisqu’elle ne porte pas la dette.

Chaque bilan est exact. L’ensemble reste illisible.

La seule lecture utile relie les deux. Le dividende que vous voterez à la prochaine clôture couvrira t il les douze prochaines échéances, une fois l’impôt et vos cotisations payés.

Le risque social se paie sur la même trésorerie

Un point mérite votre attention si vous exercez seul dans votre SEL et détenez seul votre SPFPL.

Depuis un arrêt de la Cour de cassation d’octobre 2023, certaines remontées de dividendes vers une SPFPL peuvent être réintégrées dans l’assiette des cotisations sociales du praticien. La portée de cette décision a été encadrée depuis, et toutes les configurations ne sont pas concernées.

Retenez surtout l’effet sur votre trésorerie. Ces cotisations viendraient ponctionner exactement les flux qui servent à rembourser votre prêt. Le plan de financement se déséquilibre par le bas, sans qu’aucune décision de votre part n’ait changé.

Nous avons détaillé les configurations exposées et celles qui ne le sont pas dans notre article consacré à la SPFPL des professions libérales.

Constater ou anticiper

Une comparaison résume l’écart entre deux façons de travailler.

Le suivi mensuel, c’est votre rythme cardiaque. Vous savez où se trouve la trésorerie, dans quelle structure, et ce que vous pouvez engager sans fragiliser le remboursement.

Le point d’atterrissage trois mois avant la clôture, c’est le dépistage. Tout est encore ajustable. Rémunération, dividende, investissement.

Après la clôture, il ne reste qu’à constater. Le résultat est figé, vos marges de manoeuvre aussi.

Comment nous intervenons

Chez CREO Conseils, nous accompagnons des dirigeants à structures multiples, SEL, SPFPL, SCI, ainsi que les titulaires d’officine et les professionnels de santé.

Nous tenons chaque entité, et surtout nous relions vos remontées de dividendes à vos engagements bancaires, avec un suivi en temps réel sur Pennylane.

Vous remboursez un prêt logé dans votre SPFPL et vous voulez savoir si le calendrier tient : réservez un échange de cadrage.

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