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Un dirigeant à la tête d’une holding perçoit régulièrement des dividendes de ses filiales. Sans régime particulier, ces dividendes ont déjà supporté l’IS au niveau de la filiale, puis seraient de nouveau taxés au niveau de la holding qui les reçoit. Le régime mère-fille existe pour éviter cette double imposition, à condition de bien comprendre son fonctionnement exact, souvent résumé de façon imprécise à « une exonération de 95 ou 99% ».
Qu’est ce que le régime mère-fille et à partir de quel pourcentage de détention s’applique-t-il ?
Le régime mère-fille permet à une société mère de bénéficier d’une quasi exonération d’IS sur les dividendes reçus de ses filiales, à condition de détenir au moins 5% du capital de la filiale distributrice, en pleine propriété, et de conserver ces titres pendant au moins deux ans (ou de prendre l’engagement de les conserver). Ce régime n’est pas automatique, il doit être formellement opté par la société mère dans sa liasse fiscale.
Comment l’abattement fonctionne-t-il concrètement (quote-part de 5%, sur quel montant) ?
Le mécanisme se déroule en trois étapes dans la liasse fiscale de la holding. D’abord, le dividende brut reçu de la filiale est déduit à 100% du résultat fiscal de la holding, sur la ligne dédiée aux produits de participation exonérés. Ensuite, une quote-part forfaitaire de frais et charges, fixée à 5% du montant brut du dividende, est réintégrée au résultat fiscal, sans qu’il soit nécessaire de justifier de frais réels de cette hauteur. Enfin, cette quote-part de 5% est taxée au taux normal de l’IS.
Sur un dividende de 100 000 euros remonté d’une filiale à sa holding, 95 000 euros sont exonérés et seuls 5 000 euros sont réintégrés au résultat imposable de la holding, taxés au taux normal d’IS. L’exonération effective porte donc sur 95% de l’assiette taxable, et non 99%, une confusion courante qu’il faut éviter.
Cette quote-part de 5% est un forfait fixe, calculé sur le dividende brut, et non un remboursement de frais réels. Même si la holding n’a supporté aucune charge de gestion de sa participation, la réintégration de 5% s’applique quand même, et elle ne peut pas être réduite en démontrant des frais réels inférieurs.
Pourquoi la quote-part tombe-t-elle à 1% dans un groupe intégré fiscalement ?
C’est ici que le régime mère-fille rejoint directement la logique de l’intégration fiscale de groupe. Pour les dividendes versés entre sociétés membres d’un même groupe intégré fiscalement, la quote-part de frais et charges normalement fixée à 5% est réduite à 1% du montant brut du dividende. L’exonération effective passe alors de 95% à 99%.
Sur ce même dividende de 100 000 euros, remonté cette fois entre deux filiales d’un groupe intégré, seuls 1 000 euros sont réintégrés au résultat imposable du groupe, contre 5 000 euros hors intégration fiscale. Cette réduction ne s’applique qu’aux flux internes au périmètre intégré, pas aux dividendes reçus d’une société extérieure au groupe.
Pour un dirigeant à la tête de plusieurs structures, cette articulation entre les deux régimes change concrètement l’intérêt d’opter pour l’intégration fiscale : elle ne se limite pas à la compensation des déficits et bénéfices entre filiales, elle réduit aussi la fiscalité sur les remontées de dividendes internes au groupe.
Quelles remontées de trésorerie un dirigeant doit-il anticiper avant de faire remonter des dividendes vers sa holding ?
Avant toute distribution de dividendes d’une filiale vers sa holding, plusieurs points doivent être vérifiés en amont, dans le cadre d’un pilotage consolidé mensuel plutôt qu’au moment de la décision d’affectation du résultat :
- La trésorerie réellement disponible dans la filiale distributrice, une fois ses propres besoins de fonds de roulement et d’investissement couverts.
- Le respect des conditions de détention (5% et deux ans), notamment si la holding a acquis les titres récemment ou si une opération de restructuration a modifié le pourcentage détenu.
- L’usage prévu de la trésorerie remontée au niveau de la holding, qu’il s’agisse de réinvestir dans une autre filiale, de rembourser un emprunt d’acquisition ou de rémunérer le dirigeant.
- La cohérence du calendrier de distribution avec l’exercice fiscal du groupe, en particulier si le groupe est intégré fiscalement et que le périmètre a évolué en cours d’année.
Ce type d’arbitrage suppose une lecture consolidée régulière entre holding et filiales, sans laquelle la décision de distribuer ou non un dividende se prend sans visibilité réelle sur son impact fiscal et sur les besoins de trésorerie de chaque société du groupe.
FAQ
Q : Qu’est ce que le régime mère-fille et à partir de quel pourcentage de détention s’applique-t-il ? R : Le régime mère-fille permet à une holding de quasi exonérer d’IS les dividendes reçus de ses filiales, à condition de détenir au moins 5% du capital de la filiale distributrice pendant au moins deux ans, sur option formelle dans la liasse fiscale.
Q : Comment fonctionne l’abattement de 95% sur les dividendes reçus par la holding ? R : Le dividende brut est d’abord déduit à 100% du résultat fiscal de la holding, puis une quote-part forfaitaire de 5% du montant brut est réintégrée et taxée au taux normal de l’IS, sans lien avec les frais réels de la holding.
Q : Pourquoi l’exonération peut-elle atteindre 99% pour certains groupes ? R : Pour les dividendes versés entre sociétés membres d’un même groupe intégré fiscalement, la quote-part de frais et charges est réduite à 1% au lieu de 5%, ce qui porte l’exonération effective à 99% sur les flux internes au périmètre intégré.
Q : Faut-il anticiper la trésorerie avant de distribuer un dividende entre filiale et holding ? R : Oui, la trésorerie disponible dans la filiale, le respect des conditions de détention et l’usage prévu des fonds au niveau de la holding doivent être vérifiés en amont, dans le cadre d’un pilotage consolidé plutôt qu’au moment de la décision d’affectation du résultat.